Le rocher Percé et l’île Bonaventure (7/10)

A l’aller, on nous dit qu’il y a tout le temps des bateaux pour rentrer à Percé. Au retour, on nous dit qu’il devrait pas tarder. On nous le dit tous les quarts d’heure. On attends avec d’autres gens, qui n’aiment pas être dessinés d’ailleurs. Lorsque le bateau est arrivé, je crois que certains ont du attendre le suivant.

Le chalet sort tout droit du 20ème siècle.

Les Bergeronnes (5/10)

On part à l’observation de l’ours sauvage ! En fait, on nous emmène en bus dans la montagne, on nous fait asseoir sur des gradins et on attend. En face ils ont accroché des donuts sur une branche. Et les ours aiment les donuts, alors ils viennent et nous on peut prendre des photos.

Le Saguenay et le Saint-Laurent (4/10)

Au fjord du Saguenay, j’ai fait du kayak. Comme on était en nombre impair, je me suis retrouvée avec le moniteur. Du coup, ça allait vite, très vite.

Oui, parce que quand même, je l’ai bien aidé le moniteur !

Québec (2/10)

Il y a des Américains bizarres quand même.

Le 2ème jour on arrive à Québec, sans se douter que c’est la dernière fois où l’on sera confronté à la civilisation avant presque 3 semaines.

En face de Québec, il y a Lévis. Le soir du 3ème jour il y avait un concert des Cowboys Fringant là-bas. Je l’ai appris un peu tard !

Mon voyage au Québec (1/10)

Le départ

L'arrivée

Le décalage horaire c’est magique. On arrive à peu près quand on est partis. Au retour, c’est autre chose par contre. On est partis à 5, en famille. Le premier jour on était dans un hôtel un peu bizarre…

Artie, la 3D et moi

Depuis toujours, je porte des lunettes. Je ne vois pas en 3 dimensions. Et ça personne ne le comprenait jamais ! On ne me croyait pas. Ou alors lorsqu’on me croyait, on trouvait ça incroyable, impossible. Je suis une mutante. Et à force de l’entendre, j’ai fini par vraiment le penser. J’ai passé tous les cours de badminton du collège dans le dernier terrain, tous les cours de ping-pong à la dernière table, tous les match de volley dans l’équipe des « nuls », je ne connais pas l’adrénaline qui parcourt les joueurs de base ball courrant autour du terrain car ma bate n’a jamais renvoyé la moindre balle.

– C’est pas d’ma faute monsieur, je vois pas la balle, je m’rend pas compte, je peux pas repérer ou elle est.

– Mon stylo a écrit 8/20, je n’y peux rien mademoiselle, j’me rends pas compte.

Ces expériences étaient assez frutrantes car j’étais sportive, tant qu’il n’y avait pas d’accessoire à rattraper. Et lorsque je me retrouvais dans la ligne la plus rapide en natation, on s’étonnait de m’y voir. Lorsque je tentais de me justifier après de mauvaises performances sportives, cela ne passait pas. Par contre, lorsque les mêmes détraqueurs me voyait dessiner dans la cours et croquer rapidement ce qui m’entourait, je les ai souvent entendu dire que c’était grâce à mes yeux. Oui, je vois tout à plat donc forcément, il est plus facile de reproduire l’image en deux dimensions telle qu’elle m’apparait.

Jusqu’à aujourd’hui j’étais seule au monde et je m’y étais faite. Mes amis savent qu’ils ne doivent pas me proposer d’aller voir Avatar ou Piranha 3D au cinéma. Voir un film en rouge et vert n’a rien d’exitant. Ils savent qu’ils n’ont pas besoin de me proposer d’essayer des jumelles, et encore moins les lunettes des nouveaux écrans 3D à la FNAC. Ils savent qu’à la plage, si je nage un peu pour m’éloigner du bord, je ne saurai pas s’ils sont devant ou derrière la dame au maillot rouge. Je vois parfois des superpositions amusantes.

Jusqu’à aujourd’hui, j’étais seule au monde, et Art Spigelman est arrivé dans ma vie, avec son album « Breakdowns ». Comme moi, Art ne voit pas en 3D. Comme moi, Art n’aime pas le base-ball.

« Dans les années 50, le base-ball n’était pas optionnel et être inapte vous classait plus bas que les filles dans la hiérarchie sociale…L’amblyopie, un oeil paresseux rend mon monde 2D. Alors confondre les 2D des comics et la réalité m’est naturel. »

Pour la première fois, je sais que quelqu’un sur terre me comprend !